Un haut fonctionnaire entre deux rives

Chargé de mission auprès du Secrétaire général du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer depuis 2023, Jean-Yves Hazoumè a construit une carrière exemplaire au service de l’État. Né en France de parents béninois, ce fils de diplomate a multiplié les expériences entre la métropole, l’outre-mer et l’Afrique.

Né en 1965 à Nancy, Jean-Yves Hazoumè a grandi dans un environnement ouvert sur le monde. Après une licence de droit à Tours, il envisage un temps de devenir avocat, avant de se tourner vers la fonction publique. En parallèle de son service militaire, il prépare le concours d’attaché territorial.

« Marié à une Normande, j’ai postulé au Conseil général du Calvados et suis devenu inspecteur de l’aide sociale à l’enfance de 1991 à 1994 », se souvient-il. Il y découvre les réalités du terrain et la rigueur de la protection de l’enfance. Rapidement, il devient adjoint au chef de service chargé du contentieux.

L’expérience ultramarine, un tournant

En 1999, il réussit l’examen professionnel d’attaché principal et rejoint La Réunion. Il y occupe le poste de directeur des ressources humaines de la commune du Tampon, puis celui de directeur général adjoint des services. « Cette expérience ultramarine a été déterminante. J’y ai appris la complexité d’une administration confrontée à la diversité culturelle et sociale », confie-t-il. Avant de quitter l’île, il prend la direction départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse, une fonction qu’il qualifie volontiers de « plus humaine et formatrice » de son parcours.

Sous-préfet, entre terrain et engagement

De retour en métropole en 2006, Jean-Yves Hazoumè devient sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de l’Allier, puis de la Haute-Savoie. En 2015, il prend les rênes de la sous-préfecture de Saumur, où il reste jusqu’en 2019.

Cette même année, il s’envole pour le Niger afin de conseiller le ministre de l’Intérieur de la République. « Travailler à Niamey a renforcé ma conviction que les administrations, quelles qu’elles soient, reposent avant tout sur les femmes et les hommes qui les servent », confie-t-il.

« La réussite, c’est d’abord une affaire de volonté »

Chevalier de la Légion d’honneur, Jean-Yves Hazoumè observe avec lucidité les évolutions de la haute fonction publique française. « Le fait que la diversité soit à la mode est peut-être le premier pas vers une véritable prise de conscience », estime-t-il.

Mais pour lui, la reconnaissance ne saurait remplacer l’effort. « Aux yeux de beaucoup, on n’est pas un Français comme les autres. Il faut donc se distinguer dans le travail et battre en brèche les apparences, la nonchalance ou la “coolitude” », souligne-t-il.

Aujourd’hui encore, celui qui se définit comme un « citoyen du monde » poursuit son engagement au service de l’État. « La réussite, conclut-il, est avant tout une affaire de volonté. »

YASMINA AYARI

 

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