L’engagement humanitaire fait partie de son héritage familial. Ses parents, très tôt, avaient fondé Interaction Bénin, une association caritative qui a contribué à la construction d’écoles et de bibliothèques. Dans cette lignée, l’ancienne Miss France a créé Kelina, structure tournée vers la promotion de la famille, et particulièrement vers la protection de la femme et de l’enfant. « C’est une manière pour moi de poursuivre ce que mes parents ont commencé et de rendre à ce pays qui est aussi le mien », confiait-elle lors d’un déplacement à Bassila, dans le nord-ouest du pays.
Kelina concentre son action dans plusieurs localités rurales, notamment Aledjo et Akaradé, où les besoins en infrastructures sociales sont criants. Le choix de la santé maternelle et infantile n’est pas anodin : au Bénin, si les indicateurs de santé se sont améliorés ces dernières années, la mortalité reste élevée. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le pays a réduit de 33 % la mortalité néonatale entre 1990 et 2020, mais le taux reste préoccupant, avec 28,6 décès pour 1 000 naissances vivantes. Chaque année, environ 1 500 femmes perdent la vie en donnant naissance et plus de 12 000 nouveau-nés meurent avant leur 28e jour.
C’est pour répondre à ce défi que Flora Coquerel a inauguré, le 14 avril 2022, la maternité Nana Zalia à Akaradé, un établissement réalisé en partenariat avec le ministère béninois de la Santé. Cette infrastructure moderne, équipée pour assurer des accouchements dans des conditions décentes, est devenue un véritable espoir pour les familles de la région. Elle illustre la vision de Kelina : combiner initiatives locales et coopération institutionnelle pour offrir des solutions durables.
L’action de la jeune femme s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien à la santé maternelle et infantile au Bénin. Plusieurs hôpitaux et services de pédiatrie ont récemment été renforcés grâce au Projet d’appui à la santé maternelle et infantile (PASMI), financé à hauteur de 10 millions d’euros (soit 6,6 milliards de francs CFA) par l’Agence française de développement. Ce programme a permis de doter les structures sanitaires d’équipements de pointe et de former du personnel, contribuant à améliorer la prise en charge des mères et des bébés.
Flora Coquerel insiste toutefois sur le rôle de la société civile et des initiatives citoyennes. « Les chiffres s’améliorent, mais chaque vie sauvée reste une victoire fragile. Il faut continuer à agir, car derrière ces statistiques, ce sont des familles entières qui sont bouleversées », souligne-t-elle.
Au-delà de la santé, Kelina agit aussi dans le domaine de l’éducation, convaincue que l’accès au savoir constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités et renforcer l’autonomie des femmes. En conjuguant ces deux axes — santé et éducation —, l’ancienne Miss France entend poser des jalons durables pour le développement des communautés rurales.
Par son action, Flora Coquerel illustre une nouvelle génération de personnalités publiques qui choisissent d’ancrer leur notoriété dans l’impact social. Pour les habitants de Bassila, Aledjo et Akaradé, son nom n’évoque pas seulement le prestige des podiums, mais aussi la promesse d’un avenir plus sûr pour les mères et leurs enfants.
JULIE MARTINET