l’opposition dénonce l’accord tripartite au sein du camp présidentiel

À l’approche des scrutins législatifs et présidentiels de 2026, une recomposition majeure du paysage politique béninois se dessine. L’Union Progressiste pour le Renouveau (UPR), le Bloc Républicain (BR) et les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) ont scellé des accords politiques stratégiques, faisant craindre une mise à l’écart de l’opposition et une « prise en otage » de la démocratie par le pouvoir en place.

A moins d’un an des élections générales de 2026, le jeu politique au Bénin s’oriente vers une alliance tripartite entre l’UPR, le BR et les FCBE. Ces trois partis, qui représentent respectivement la mouvance présidentielle et un parti historiquement d’opposition en pleine réorientation, ont engagé des discussions approfondies pour formaliser des accords de gouvernance et d’alliance de législature, en vue de maximiser leur poids électoral et satisfaire aux exigences du code électoral.

Ce rapprochement, amorcé début septembre 2025, a fait l’objet de rencontres officielles à Cotonou entre les dirigeants des formations. Le président d’honneur des FCBE, Alassane Soumanou Djimba, explique que ces accords s’imposent dans un contexte où les contraintes juridiques et électorales sont devenues plus strictes. « Les conditions des seuils électoraux rendent impossible la candidature isolée. Les coalitions sont désormais une nécessité stratégique », a-t-il souligné.

Du côté du BR, Joseph Amavi Anani, vice-président, insiste sur la nécessité de construire un dialogue interpartis large. « Être opposant ne signifie pas s’opposer systématiquement, c’est proposer et enrichir le débat démocratique », a-t-il affirmé. Le même jour, les FCBE donnaient rendez-vous à l’UPR pour finaliser un accord couvrant à la fois les élections législatives de janvier et la présidentielle d’avril 2026.

Mais cette recomposition suscite de vives critiques de la part de l’opposition, qui dénonce une prise en otage de la démocratie béninoise. Pour elle, cette alliance « marginalise le pluralisme politique et viole l’esprit des élections libres », menant à « un verrouillage du pouvoir par une majorité hégémonique ». Plusieurs figures de l’opposition appellent à une vigilance accrue face à ce qu’ils qualifient d’un arrangement « qui hypothèque la représentativité et fragilise la confiance des citoyens dans le processus électoral ».

Sur le terrain, ces alliances pourraient aussi peser sur les enjeux locaux, notamment dans des circonscriptions-clés. Idrissou Bako, ancien député et cadre influent des FCBE, indique que le parti s’apprête à « poser des pas pour séduire l’adversaire d’aujourd’hui afin d’obtenir le parrainage indispensable » aux candidatures, tout en précisant que les FCBE restent officiellement un parti d’opposition. « Le jour où nous ne serons plus de l’opposition, nous le dirons clairement », a-t-il affirmé lors d’un entretien récent.

ADIO BACHIROU

 

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