Le chanteur Gims dans l’engrenage de la justice française

Gims, de son vrai nom Gandhi Djuna, star du rap francophone et meilleur vendeur de disques en France en 2025, a été interpellé le 25 mars 2026 à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle dès sa sortie d’avion par le Service national de la douane judiciaire (SNDJ). Placé en garde à vue pendant 48 heures à l’Office national antifraude à Ivry-sur-Seine, l’artiste de 39 ans a été présenté le 27 mars à un juge d’instruction. Mis en examen pour « blanchiment aggravé » et « blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d’un délit de fraude fiscale aggravée », il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.
L’enquête, menée par le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) sur commission rogatoire, vise un vaste réseau international de blanchiment impliquant « une myriade de sociétés écrans » entre France, Maroc et Émirats arabes unis. Ces structures auraient servi à frauder la TVA, émettre de fausses factures, dissimuler l’origine de fonds illicites, potentiellement liés à d’anciens trafiquants de drogue reconvertis dans la finance criminelle. Au cœur des soupçons : la promotion par Gims d’un projet immobilier luxueux à Marrakech, le «Sunset Village Private Residences », un complexe de 118 villas avec lagons artificiels, soupçonné d’être un paravent pour recycler des fonds sales.
Deux collaborateurs de l’artiste figurent aussi parmi les 15 mises en examen, dont cinq en détention. Son avocat, Me David-Olivier Kaminski, n’a pas commenté, préservant le principe de présomption d’innocence. L’interpellation à la douane suggère une crainte de fuite, profité pour un retour sur sol français.
Actuellement sous contrôle judiciaire, Gims doit verser une caution de 1,5 million d’euros d’ici septembre, informer le juge de ses déplacements, et éviter tout contact avec des personnes désignées. Une interdiction de quitter le territoire a été levée, lui permettant un concert prévu à Abidjan.
En droit pénal français (art. 324-1 et 324-2 CP), le blanchiment simple est puni de 5 ans de prison et 375 000 € d’amende ; aggravé par bande organisée, les peines grimpent à 10 ans d’emprisonnement et 750 000 €, voire plus si lien avec crimes graves. Des confiscations de biens, interdictions professionnelles et peines complémentaires sont possibles, impactant sa carrière internationale. L’instruction se poursuit dans le secret, avec auditions et perquisitions à venir ; un procès pourrait survenir d’ici des mois ou années, selon les preuves.
Cette affaire ébranle l’industrie musicale, où Gims domine avec des millions d’albums vendus et une influence panafricaine. Elle interroge les investissements des stars dans l’immobilier offshore, souvent opaques, et renforce la vigilance des autorités sur les flux financiers post-pandémie. Pour l’artiste congolais, naturalisé français, le timing – post-Victoires de la musique 2025 – amplifie le scandale, induisant un risque élevé de boycotts et d’annulations. Affaire à suivre.
AUDREY FOUMANGOYE

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