Est de la RDC : les sanctions américaines feront-elles plier le Rwanda ?

Les sanctions américaines contre l’armée rwandaise : un tournant au Congo ? Les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise (RDF) et à quatre de ses hauts gradés, dont le chef d’état-major Vincent Nyakarundi, pour leur soutien direct au groupe rebelle M23 dans l’est de la RDC.

Ces mesures, annoncées le 2 mars 2026 par le département d’État, incluent le gel d’avoirs et l’interdiction de transactions avec des entités américaines . Elles interviennent malgré un accord de paix signé en décembre 2025 sous l’égide de Donald Trump, violé par les avancées du M23, comme la prise d’Uvira. L’est de la RDC est ainsi en proie à la violence depuis plus de 30 ans, avec le M23, actif depuis 2021, contrôlant des zones riches en minerais grâce au soutien présumé de Kigali Le groupe est accusé d’exécutions sommaires et d’atrocités contre les civils, causant un million de déplacés.

 Le Rwanda nie, accusant Kinshasa de violations et de collaboration avec le FDLR, ennemi historique tutsi . Le département d’État américain a déclaré : « Aujourd’hui, les États-Unis sanctionnent les Forces de défense rwandaises et quatre officiers supérieurs pour leur soutien opérationnel direct au M23. » Tommy Pigott, porte-parole, a ajouté : « Le M23 est responsable d’atroces violations des droits humains, y compris contre des femmes et des enfants. » 
Kigali rétorque que ces sanctions « visent injustement une seule partie » et « déforment la réalité du conflit ». Kinshasa salue un « signal clair pour la souveraineté » et exprime sa «profonde reconnaissance » aux Etatas-Unis. Les sanctions changeront-elles la donne ?Thierry Vircoulon, chercheur à l’IFRI, estime que ces mesures visent à « affaiblir le soutien rwandais et fragiliser militairement le M23 ». Elles pourraient forcer un retrait des troupes rwandaises, mais leur impact économique sur le Rwanda, dépendant des USA, reste limité à court terme.
 Cependant, sans pression sur la RDC pour dialoguer, le conflit risque de s’enliser, comme l’avertit Ebuteli : « La RDC pourrait intensifier ses attaques, aggravant la situation ». Quant à elles, l‘ONU et l’UE, moins actives, peinent à coordonner des actions impactant le confit.
Pour changer la donne, il faudra un retrait rwandais vérifié et un dialogue inclusif, sous médiation neutre. Les sanctions de Trump marquent une fermeté inédite, mais sans solution politique, l’est du Congo restera un foyer d’instabilité.
MARIUS DE DRAVO

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