L’élection de Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye à la présidence de l’Assemblée nationale, le 17 novembre 2025, dépasse la simple reconduction d’un bureau parlementaire. Avec 99,29 % des suffrages, le choix des députés traduit une volonté politique claire : installer à la tête du législatif une figure capable d’accompagner, voire de structurer la recomposition institutionnelle.
Cette quasi-unanimité interroge autant qu’elle éclaire. Elle souligne l’autorité acquise par ce diplomate de carrière, élu d’Etimboué (Ogooué-Maritime), mais surtout son rôle stratégique dans le dispositif du pouvoir. Premier ministre des affaires étrangères de la transition, puis premier titulaire du même portefeuille sous la Ve République, M. Onanga Mamadou Ndiaye incarne une continuité maîtrisée.
L’Assemblée nationale qu’il prend en main n’est plus celle des décennies précédentes. Le Parlement est désormais appelé à jouer un rôle accru dans l’élaboration des politiques publiques, à la fois comme force de proposition et contrepoids institutionnel. La recomposition des équilibres entre exécutif et législatif impose un président capable de conjuguer autorité, expertise et sens des arbitrages. En cela, son profil apparaît presque taillé sur mesure : diplomate chevronné, familier des négociations complexes, rompu aux rouages des organisations internationales et fin connaisseur des enjeux de sécurité, de gouvernance et de prospective globale
Sa formation académique – du diplôme supérieur en diplomatie jusqu’au doctorat en science politique à Paris V – renforce encore cette impression d’une figure préparée à un rôle institutionnel de premier plan. Son élection constitue donc autant un choix politique qu’un pari stratégique : celui de placer à la tête de la 14ᵉ législature un homme dont l’expertise peut consolider l’autorité du Parlement dans la Ve République .
Mais cette nomination quasi consensuelle soulève aussi un défi majeur : comment transformer ce capital de légitimité en moteur d’un Parlement plus influent ? La tâche s’annonce délicate. Il lui faudra affirmer l’indépendance de l’institution sans fragiliser la stabilité politique, moderniser les pratiques parlementaires et renforcer le contrôle du gouvernement. Sa capacité à transformer une élection écrasante en dynamique institutionnelle réelle sera l’un des indicateurs déterminants de cette nouvelle ère.
En prenant officiellement ses fonctions le 19 novembre 2025, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye devient l’un des acteurs centraux du dispositif républicain. Sa présidence, plus qu’une nomination, apparaît comme un test majeur pour la maturité institutionnelle du Gabon et pour l’équilibre de la Ve République en construction.
CHARTRIN CESARD ONDAMBA