Le 13 mars 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé la création de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES), marquant un tournant dans leur quête de souveraineté économique. Dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA (environ 833 millions de dollars), cette institution vise à financer des projets d’infrastructures et de développement au sein de la région sahélienne.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de retrait coordonné des trois pays de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), perçue comme un instrument de domination économique. En créant leur propre banque, ces nations entendent réduire leur dépendance aux institutions financières internationales et régionales, tout en affirmant leur indépendance politique et économique.
La BCID-AES devrait jouer un rôle central dans le financement d’infrastructures critiques, telles que les routes, l’énergie et l’eau, contribuant ainsi à l’intégration régionale et à la relance économique du Sahel. Elle représente également un défi pour le système financier régional dominé par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le franc CFA, monnaie commune à huit pays de la région.
La mise en place de cette banque est prévue pour le 14 janvier 2026, lors d’une rencontre ministérielle à Bamako, capitale du Mali. Cet événement marquera une étape décisive dans l’opérationnalisation de la Confédération des États du Sahel, lancée en septembre 2023, et dans la consolidation de l’intégration économique entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
La création de la BCID-AES pourrait également influencer d’autres pays africains à envisager des mécanismes similaires pour protéger leur souveraineté économique. Cependant, elle soulève des questions sur la viabilité de cette banque face aux défis économiques et sécuritaires de la région, ainsi que sur ses relations avec les partenaires financiers internationaux.
En somme, la future banque de l’Alliance des États du Sahel représente une ambition majeure pour les trois pays sahéliens, déterminés à tracer leur propre voie vers le développement et l’intégration régionale.
ADIO BACHIROU