Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a entamé l’année 2026 en dévoilant la composition d’un nouveau gouvernement, le 1ᵉʳ janvier. Une décision attendue après les élections législatives et locales de fin 2025. Cette équipe, désormais composée de 31 membres, reflète les priorités du chef de l’État dans un contexte politique et économique exigeant.
Au cœur de ce remaniement, plusieurs changements notables sont à relever. Tout d’abord, Hermann Immongault, ancien ministre de l’Intérieur, est promu vice-président du gouvernement, une fonction analogue à celle de Premier ministre, chargé de coordonner l’action gouvernementale. Parallèlement, Hugues Alexandre Barro Chambrier occupe désormais le poste de vice-président de la République, une figure stratégique dans l’architecture politique gabonaise.
Le nouveau gouvernement accueille plusieurs visages nouveaux à des postes clés. Thierry Minko est nommé ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, succédant à Henri-Claude Oyima, évincé dans un contexte de pression sur les finances publiques et de défi économique croissant. M. Minko hérite d’un portefeuille crucial, chargé de piloter la gestion économique et financière du pays.
D’autres arrivées significatives concernent des secteurs stratégiques : Marie-Édith Tassyla Doumbeneny prend en charge les Affaires étrangères, marquant une volonté de renouveler la diplomatie gabonaise ; Adrien Nguema Mba est nommé ministre de l’Intérieur, une fonction clé pour la sécurité intérieure et la cohésion nationale ; Augustin Émane devient ministre de la Justice, un portefeuille central pour les réformes institutionnelles.
Le remaniement s’accompagne de départs importants dans d’autres secteurs. Parmi les ministres sortants figurent notamment Gilles Nembé, qui cède le ministère des Mines à Sosthène Nguema Nguema, et Adrien Mougougou, remplacé à la Santé par Elsa Ayo. Le ministère de la Communication et de l’Habitat connaissent également des changements de responsables.
Malgré ces mouvements, le président Oligui Nguema a maintenu certaines figures clés à des postes de souveraineté et de stabilité : Ulrich Manfoumbi Manfoumbi reste en charge des Transports et de la Logistique ; Brigitte Onkanowa conserve la Défense nationale ; Camilia Ntoutoume-Leclercq demeure à l’Éducation nationale, assurant une continuité dans des secteurs sensibles.
Ce remaniement révèle plusieurs enseignements politiques importants. D’une part, la nomination de nouveaux responsables à des portefeuilles économiques et diplomatiques majeurs illustre la priorité accordée à la stabilisation économique et à l’amélioration de l’image internationale du Gabon. La mise en place d’un ministère regroupé de l’Économie, des Finances et de la Dette traduit une volonté d’ajuster la politique budgétaire face à des défis structurels, notamment la gestion de la dette publique et la relance de l’investissement.
D’autre part, la promotion d’Hermann Immongault à la vice-présidence du gouvernement marque la consolidation d’une exécutif fort, en charge de coordonner l’action des différents ministères pour assurer cohérence et efficacité. Ce choix pourrait contribuer à renforcer la gouvernance et la mise en œuvre des politiques publiques dans un contexte de transition politique et de défis socio-économiques.
La présence de nouveaux visages à des postes diplomatiques et de souveraineté indique aussi une volonté de diversifier les approches institutionnelles et de renforcer le rayonnement externe du Gabon. La nomination d’une femme à la tête de la diplomatie gabonaise est perçue comme une étape vers une représentation plus inclusive, même si les défis restent nombreux.
Enfin, ce remaniement montre que le président Oligui Nguema mise sur un équilibre entre renouvellement et continuité. L’intégration de nouvelles compétences s’accompagne du maintien de personnalités expérimentées dans des secteurs structurants, dans un contexte où la consolidation du climat politique et la relance économique sont des impératifs.
Au terme de cette recomposition, le Gabon se dote d’un exécutif renouvelé, plus resserré autour des priorités du chef de l’État, prêt à affronter les défis de l’année 2026. L’efficacité de cette équipe gouvernementale, en particulier dans les domaines économique et social, sera rapidement jugée par les citoyens et les partenaires internationaux dans les mois à venir.