Gabon: les vieilles habitudes politiques ont la peau dure

Malgré la transition politique engagée et l’immense espoir suscité par l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema en 2025, les vieilles habitudes de la vie politique gabonaise semblent avoir la peau dure. Le plébiscite populaire, interprété comme un mandat pour rompre avec les dérives du passé, se heurte progressivement à une réalité plus familière : celle de pratiques ancrées depuis des décennies.

Alors que les citoyens attendaient une gouvernance renouvelée, fondée sur la transparence, l’équité et la compétence, certaines décisions — notamment en matière de nominations — donnent le sentiment d’une continuité plutôt que d’une rupture. Le favoritisme, les logiques de réseaux et la concentration du pouvoir autour de cercles proches rappellent des schémas bien connus, que la transition était précisément censée combattre.

Cette persistance des anciens réflexes nourrit une désillusion croissante, d’autant plus marquée que les difficultés sociales demeurent, comme en témoignent les tensions dans le secteur de l’éducation. Plus qu’un simple retard dans les réformes, c’est l’impression d’un système qui résiste au changement qui s’installe dans l’opinion.

Le Gabon apparaît ainsi confronté à un paradoxe classique : un discours de renouveau porté par une légitimité électorale exceptionnelle, mais des pratiques de gouvernance qui peinent à s’affranchir du passé. Dans ce contexte, la véritable rupture attendue ne se mesurera plus aux intentions affichées, mais à la capacité réelle du pouvoir à rompre, enfin, avec des habitudes politiques profondément enracinées.

CHARTRIN ONDAMBA

Partager

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *