Côte d’Ivoire, première vitrine minière de l’Afrique de l’Ouest

La Côte d’Ivoire vient de reprendre la tête du classement ouest‑africain de l’attractivité minière, selon le dernier rapport du Fraser Institute, confirmant la place stratégique que prend le sous‑sol ivoirien dans la nouvelle géographie des investissements en Afrique.
Publié le 26 février, le rapport 2025 du Fraser Institute classe la Côte d’Ivoire première en Afrique de l’Ouest, avec un score de 60,92 sur 100 à l’Indice d’attractivité des investissements, contre 55,70 en 2023.  Le pays devance désormais le Ghana (55,21) et la Guinée (52,16), tandis que le Mali et le Burkina Faso ferment la marche régionale avec des scores nettement inférieurs.  «Ce classement valide les efforts consentis pour rendre notre cadre réglementaire plus lisible et plus prévisible», s’est félicité, un haut responsable du ministère des Mines.
L’enquête du Fraser Institute repose sur les réponses de dirigeants de compagnies minières et combine deux paramètres : la perception des politiques publiques (Policy Perception Index) et le potentiel géologique.  Sur ces deux volets, la Côte d’Ivoire améliore ses performances, portée par un secteur aurifère en plein essor et un environnement jugé plus favorable aux affaires.  «Il n’y a pas de meilleur endroit au monde pour développer une mine d’or qu’en Côte d’Ivoire», a résumé Justin Tremain, directeur général de Turaco Gold, qui pilote le projet Afema.  Un avis partagé par Adam Oehlman, à la tête d’African Gold, qui souligne «la vitesse des découvertes» sur le projet Didievi.
Si la Côte d’Ivoire domine à nouveau l’espace ouest‑africain, elle ne figure toutefois qu’au 5ᵉ rang africain et au 47ᵉ rang mondial, derrière des juridictions comme le Botswana, le Maroc, la Zambie ou la Tanzanie.  Autrement dit, le pays est devenu une vitrine régionale, mais la compétition reste rude à l’échelle du continent, où plusieurs États consolident leur réputation de destinations minières «low risk».  «Ce classement est une étape, pas un aboutissement», glisse un cadre d’une grande compagnie aurifère, qui appelle à «stabiliser la fiscalité et accélérer les procédures d’octroi de permis» pour combler l’écart avec les champions africains.

En toile de fond, cette attractivité renouvelée relance aussi le débat sur le partage de la rente et les impacts environnementaux des projets.  Le gouvernement a déjà relevé certaines redevances minières et prépare une révision du code minier, officiellement pour «assurer une redistribution plus équitable des richesses».  «L’enjeu, c’est que la première place dans les classements internationaux se traduise en emplois décents, en infrastructures et en meilleures conditions de vie pour les communautés riveraines», rappelle un économiste basé à Abidjan, qui met en garde contre «une croissance tirée par les mines mais socialement peu inclusive».

Alors que la course aux métaux s’intensifie à l’échelle mondiale, la Côte d’Ivoire joue désormais dans la cour des grands; reste à savoir si cette médaille d’or régionale se transformera en dividendes durables pour l’économie et pour les populations

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