Gabon: la suspension des réseaux sociaux en question

La suspension des réseaux sociaux sur le territoire gabonais soulève de nombreuses interrogations et nourrit un malaise perceptible au sein de l’opinion publique. Au-delà de l’annonce elle-même, c’est surtout le déficit d’explications claires qui interpelle. A-t-on réellement mesuré, en amont, les différentes conséquences d’une telle décision ? Rien n’est moins sûr.

Dans un pays comme le Gabon, les réseaux sociaux ne relèvent plus du simple divertissement. Ils constituent aujourd’hui un pilier de l’activité économique, tant informelle que formelle : commerce en ligne, communication d’entreprise, marketing digital, services de livraison, médias indépendants, créateurs de contenu… Toute une économie s’est structurée autour de ces plateformes. Suspendre leur accès, même temporairement, revient à fragiliser des milliers de sources de revenus et à interrompre brutalement des chaînes d’activité déjà précaires.

Une autre source d’inquiétude réside dans l’imprécision entourant le périmètre de la mesure. En principe, lorsqu’il est question de suspension des réseaux sociaux, cela implique l’ensemble des plateformes, y compris WhatsApp, devenu un outil central de communication personnelle et professionnelle. Or, en l’absence de précisions officielles détaillées, le doute persiste : quels services sont réellement concernés ? Pour quelle durée ? Selon quelles modalités ?

Ce flou institutionnel alimente les spéculations et accentue le sentiment d’incertitude. Dans un contexte où l’information circule déjà difficilement, la coupure des canaux numériques renforce l’isolement et complique l’accès aux nouvelles, tant nationales qu’internationales.

Au final, plus que la décision elle-même, c’est son manque de lisibilité et d’anticipation apparente qui interroge. Une mesure d’une telle portée aurait mérité un débat public, une communication transparente et une évaluation rigoureuse de ses impacts sociaux et économiques. Faute de cela, l’inquiétude demeure et, avec elle, le sentiment que les conséquences pourraient largement dépasser les objectifs officiellement avancés.

CHARTRIN ONDAMBA

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