Les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations marquent toujours un tournant décisif du tournoi. À ce stade, il ne s’agit plus seulement de talent ou de prestige, mais de maîtrise tactique, de solidité mentale et de capacité à gérer la pression. Les quatre équipes encore en lice ont toutes démontré, chacune à sa manière, qu’elles avaient les arguments pour aller au bout.
Le Maroc, porté par une dynamique positive, s’avance avec l’étiquette de favori assumé. Solide défensivement et disciplinée dans l’organisation, l’équipe marocaine a su imposer un jeu équilibré, alternant phases de possession maîtrisée et transitions rapides. Sa capacité à contrôler le milieu de terrain tout en se projetant efficacement vers l’avant en fait une formation difficile à manœuvrer. Toutefois, la demi-finale représente un test supérieur, face à une équipe nigériane capable de répondre physiquement et d’exploiter la moindre baisse d’intensité.
Les Super Eagles du Nigeria ont, eux, bâti leur parcours sur la puissance athlétique, la verticalité et l’efficacité offensive. Leur jeu direct, parfois abrupt, mais redoutablement efficace, met sous pression les défenses adverses dès la perte de balle. Cette approche peut s’avérer payante dans les matches à élimination directe, à condition de maintenir une rigueur défensive constante. La confrontation entre la maîtrise technique marocaine et l’impact physique nigérian s’annonce comme l’un des chocs tactiques les plus intéressants de cette CAN.
De l’autre côté du tableau, le Sénégal poursuivra son chemin avec méthode, contre l’Égypte. Moins spectaculaire que lors de précédentes éditions, la sélection sénégalaise mise davantage sur la discipline collective et la gestion des temps forts et faibles. Son organisation défensive, combinée à une capacité à exploiter les erreurs adverses, lui permet d’aborder cette demi-finale avec sérénité. Le Sénégal sait attendre, frapper au moment opportun et préserver un avantage, un atout majeur dans un tournoi où chaque détail compte.
Face aux Lions de la Téranga, l’Égypte pourra rester fidèle à sa réputation d’équipe de tournoi. Les Pharaons ont déjà démontré, plus d’une fois, leur résilience et leur expérience des grands rendez-vous. Sans dominer outrageusement, ils ont su faire preuve de réalisme et de sang-froid dans les moments clés. Leur connaissance des phases finales et leur capacité à gérer la pression constituent un avantage psychologique non négligeable, surtout dans un match où la patience et la lucidité seront déterminantes.
Ces demi-finales opposent ainsi des philosophies de jeu contrastées : maîtrise collective contre puissance physique, patience tactique contre verticalité, jeunesse et ambition face à l’expérience et au pragmatisme. Le contrôle du milieu de terrain, la gestion de l’intensité et l’efficacité dans les deux surfaces seront les clés de ces confrontations.
À ce stade de la compétition, la CAN ne se joue plus sur la promesse, mais sur la capacité à répondre présent dans l’instant. Les quatre équipes en lice ont prouvé qu’elles méritaient leur place. Reste désormais à savoir lesquelles sauront transformer cette légitimité en qualification pour la finale, au terme de rencontres qui s’annoncent disputées, tendues et indécises jusqu’au bout.
MARIUS DE DRAVO