La capitale économique du Bénin s’apprête à devenir, le temps de deux jours, le centre africain du débat sur la transition énergétique. La Ville de Cotonou et l’association internationale Climate Chance ont annoncé conjointement la tenue du Sommet Climate Chance Afrique 2025 (#SCCA2025), consacré au thème : «Les énergies renouvelables : un défi africain».
L’événement rassemblera plusieurs centaines d’acteurs venus de tout le continent : représentants de gouvernements, élus locaux, experts, entreprises, ONG, chercheurs et membres de la société civile. Leur objectif commun : dresser un état des lieux des politiques énergétiques africaines et proposer des solutions concrètes pour accélérer la transition vers des sources d’énergie propres, durables et accessibles à tous.
Cotonou, vitrine d’une Afrique en mouvement
Le choix de Cotonou n’est pas un hasard. Depuis plusieurs années, la ville multiplie les initiatives pour concilier développement urbain et respect de l’environnement. Sous l’impulsion du maire, la municipalité s’est engagée dans des programmes ambitieux : gestion durable des déchets, promotion de la mobilité urbaine, amélioration de l’efficacité énergétique ou encore revalorisation des espaces verts.
Accueillir le sommet Climate Chance Afrique 2025 apparaît comme une reconnaissance de ces efforts. Pour la ville, c’est aussi une occasion de renforcer son rôle de plateforme régionale sur les questions climatiques et d’encourager la coopération entre les villes africaines confrontées aux mêmes défis.
L’énergie, un enjeu crucial pour le continent
L’accès à une énergie propre, sûre et abordable demeure l’un des plus grands défis du continent africain. La demande ne cesse d’augmenter, portée par la croissance démographique et le développement économique, mais près de 600 millions d’Africains restent encore privés d’électricité.
Pourtant, les ressources sont là : un ensoleillement parmi les plus forts du monde, des potentiels éoliens, hydrauliques et géothermiques considérables. Le développement des énergies renouvelables représente donc une opportunité stratégique, autant économique que sociale et écologique.
Le sommet de Cotonou ambitionne de mettre en valeur les initiatives locales déjà en cours et de faciliter la mise en réseau des acteurs du secteur. Des tables rondes, ateliers thématiques et sessions de formation sont prévus autour de plusieurs axes : la gouvernance énergétique, le financement des projets verts, le rôle des collectivités locales dans la transition énergétique, ou encore la contribution du secteur privé et des start-up africaines à l’innovation technologique.
Une plateforme de dialogue et d’engagement
Créée pour fédérer les acteurs non étatiques autour de la lutte contre le changement climatique, Climate Chance s’est imposée comme une référence dans la coopération internationale. Depuis 2017, ses sommets régionaux en Afrique – à Agadir, Abidjan et Kigali notamment – ont permis de construire un réseau solide d’acteurs engagés et de partager les bonnes pratiques entre territoires.
L’édition 2025 de Cotonou s’inscrit dans cette dynamique. Elle vise à capitaliser sur les acquis des précédentes rencontres et à formuler de nouveaux engagements concrets en faveur des énergies renouvelables. Les organisateurs mettent l’accent sur la participation inclusive du sommet : « La transition énergétique africaine ne se fera pas sans les territoires, sans les citoyens ni sans les entreprises locales. C’est tout l’esprit de Climate Chance », a souligné un représentant de l’association lors de l’annonce officielle.
Une Déclaration de Cotonou pour une Afrique plus verte
À l’issue des deux jours de travaux, les participants adopteront une Déclaration de Cotonou, véritable feuille de route pour renforcer la coopération entre les acteurs africains, stimuler les investissements dans les énergies renouvelables et promouvoir un modèle de développement respectueux de l’environnement.
Cette déclaration servira également de contribution à la prochaine Conférence des Parties (COP), où la voix du continent africain – souvent peu entendue – souhaite désormais s’affirmer avec plus de poids et d’unité.
Pour Cotonou, ce sommet représente bien plus qu’un simple rendez-vous international. C’est une occasion unique de visibilité et d’influence, mais aussi un appel à l’action : faire des énergies renouvelables le moteur d’un développement durable, solidaire et souverain pour l’Afrique.
NALLA BACHIROU