Ruffin Zomahoun sous les feux de la rampe

Il fait rayonner le Bénin et l’Afrique depuis plus de quarante ans en Asie. Ruffin Idossou Zomahoun, premier sinologue noir, écrivain, acteur et diplomate, est devenu une figure incontournable au Japon. Sa nomination, le 14 décembre 2011, comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près l’Empire du Soleil-Levant, a consacré un parcours hors du commun.

Arrivé au Japon en 1994, après un long séjour en Chine où il décroche un doctorat, Ruffin Zomahoun poursuit sa formation à l’université de Tokyo tout en s’imposant à l’écran. Star de la chaîne TBS dans des émissions à forte audience, il devient rapidement un visage familier des téléspectateurs nippons. « Les autorités japonaises voyaient en lui un étranger modèle », rappelle un diplomate africain basé à Tokyo.

Son livre Le Japon par Zomahoun, publié en 1999, rencontre un vif succès et assoit sa notoriété d’intellectuel et de passeur de cultures. Polyglotte, il maîtrise le chinois et le japonais, mais n’oublie jamais ses racines béninoises. D’ailleurs, le 10 janvier 2010, il est sacré prince « Ologonan » au palais des Omondjagoun, à Dassa-Zoumè, sa ville natale. « Je suis fier de représenter le Bénin, mais je reste profondément attaché à mes traditions », confiait-il alors.

De l’écran à la diplomatie

Conseiller spécial à la Présidence béninoise entre 2004 et 2011, chargé des affaires économiques en Asie et en Océanie, Zomahoun a été sollicité par plusieurs chefs d’État d’Afrique de l’Ouest pour ses analyses sur les relations avec l’Asie. La Lettre du Continent écrivait en 2012 : « Ruffin Zomahoun n’est pas un inconnu au Japon, ni même en Asie. Sa trajectoire illustre le pont vivant qu’il incarne entre deux continents. »

Lorsqu’il prend la tête de l’ambassade du Bénin à Tokyo, il voit grand. « Mon ambition est claire : renforcer la présence de notre pays au Japon et dans les dix autres pays d’Asie et d’Océanie sous ma responsabilité », déclarait-il à sa prise de fonction.

Une vision tournée vers le futur

Ami personnel de l’ancien Premier ministre japonais Yoshiro Mori, Zomahoun plaidait pour une diplomatie offensive. « L’augmentation des échanges commerciaux et culturels avec le Japon et toute l’Asie est une nécessité », soulignait-il, convaincu que l’avenir du Bénin passait par une ouverture renforcée à l’Est. À la tête de la mission diplomatique béninoise, il s’attache à instaurer la rigueur et la transparence. « Je veux que l’ambassade soit le reflet de la bonne gouvernance béninoise », martelait-il, fidèle à son credo de discipline et d’excellence.

Une icône entre deux mondes

Aujourd’hui encore, son histoire inspire. Elle est enseignée dans certains lycées japonais, preuve de l’admiration qu’il suscite. Pour Wilfried Crécel, observateur attentif de son parcours, « la nomination de Ruffin Zomahoun a été la traduction de l’adage : l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. »

Entre l’Afrique et l’Asie, entre les traditions de Dassa-Zoumè et la modernité de Tokyo, Ruffin Zomahoun reste une passerelle vivante. Une personnalité qui incarne l’ambition d’un Bénin ouvert au monde, fier de ses racines et résolument tourné vers l’avenir.

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