Le président Bassirou Diomaye Faye, sur proposition de son Premier ministre Ousmane Sonko a procédé, le 6 septembre 2025, à un remaniement ministériel marqué par cinq nouvelles nominations. Entre diplomatie renforcée, Justice resserrée et ouverture politique avec l’entrée de Déthié Fall, ce réajustement confirme la volonté du pouvoir d’affermir son assise.
Le 6 septembre 2025, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sur proposition du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé un remaniement ministériel de grande ampleur. La nouvelle équipe gouvernementale, composée de 25 ministres et six secrétaires d’État, accueille cinq nouveaux membres, tous positionnés sur des portefeuilles stratégiques, témoignant d’une volonté de consolidation du pouvoir exécutif.
La nomination la plus commentée est celle de Mouhamadou Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Avocat reconnu, il s’était illustré comme défenseur d’Ousmane Sonko dans l’affaire Adji Sarr et d’autres dossiers sensibles. Son arrivée à ce poste central illustre la confiance que lui accorde le duo Faye-Sonko et marque une orientation sécuritaire assumée.
Autre changement majeur : Cheikh Niang, diplomate chevronné et ancien représentant du Sénégal à l’ONU, prend la tête du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. Il succède à Yassine Fall, qui hérite du portefeuille de la Justice. Ce glissement stratégique révèle la volonté du pouvoir de renforcer le poids diplomatique du Sénégal tout en confiant la Justice à une personnalité proche du cercle dirigeant.
Le remaniement revêt également une dimension politique avec l’entrée de Déthié Fall au ministère des Infrastructures. Président du Parti Républicain pour le Progrès et ancien candidat à la présidentielle de 2024, cet ingénieur polytechnicien se définit comme un allié du régime malgré son appartenance hors de Pastef. À sa nomination, il promet d’agir avec « énergie, rigueur et expertise », tout en garantissant « célérité et transparence » dans la conduite des grands chantiers. Certains sortants ont salué leur départ avec élégance. Le général Jean-Baptiste Tine, remercié de l’Intérieur, a exprimé sa gratitude pour « l’honneur et le privilège » d’avoir servi l’État, adressant ses félicitations à son successeur.
Sur le plan politique, ce remaniement intervient après dix-huit mois d’exercice du pouvoir. Il marque une étape charnière pour Ousmane Sonko, qui assoit davantage son influence et clarifie les rapports de force. Comme le souligne l’analyste Madiambal Diagne, « Sonko a désormais toutes les cartes en main », une lecture qui confirme l’affirmation progressive d’un exécutif sûr de sa trajectoire.
REGINA SARR