Il est l’un des rares présidents africains à exhorter ses compatriotes à passer leurs vacances chez eux, au lieu de voyager à l’étranger. Le président gabonais leur a récemment lancé un appel appuyé, ainsi surtout qu’aux responsables politiques et aux dirigeants des entreprises publiques.
Derrière cette exhortation, se dessine une stratégie claire : faire du tourisme une véritable locomotive de l’économie gabonaise et donner l’exemple à une population souvent tentée par les destinations étrangères. Le Gabon possède un potentiel touristique exceptionnel, reconnu bien au-delà de ses frontières. Ses parcs nationaux, comme la Lopé, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ou encore Loango et Ivindo, constituent de véritables trésors écologiques. Faune sauvage, forêts denses, plages préservées, chutes d’eau spectaculaires : le pays se présente comme l’une des vitrines les plus prometteuses de l’écotourisme en Afrique centrale. Pourtant, ce potentiel reste encore largement sous-exploité.
En incitant les élites à orienter leurs vacances vers ces sites, le chef de l’État souhaite non seulement stimuler la consommation locale, mais aussi changer les mentalités. Dans l’imaginaire collectif gabonais, les vacances sont souvent associées à des voyages en Europe ou dans les grandes capitales africaines. Pour le président, il est temps de rompre avec cette logique d’extraversion et de redonner aux destinations locales leurs lettres de noblesse.
L’appel est aussi un message politique : comment espérer convaincre les investisseurs et les touristes étrangers si les premiers responsables du pays eux-mêmes tournent le dos à leur propre patrimoine ? En demandant aux ministres, parlementaires et directeurs de sociétés d’État de donner l’exemple, le président veut instaurer une dynamique vertueuse. Les élites consommatrices deviennent ainsi des ambassadeurs du tourisme domestique.
Les retombées économiques espérées sont multiples. Le développement du tourisme interne renforcerait la fréquentation des hôtels, restaurants et sites naturels, créant de l’emploi direct et indirect, notamment pour les jeunes et les populations rurales vivant à proximité des zones protégées. Il contribuerait également à diversifier une économie encore largement dépendante du pétrole, dans un contexte où la transition vers des secteurs durables s’impose comme une priorité.
Certes, les défis demeurent. Les infrastructures hôtelières sont parfois insuffisantes ou concentrées autour de Libreville et Port-Gentil. Les voies d’accès vers les parcs nationaux nécessitent des investissements lourds, tout comme la formation d’un personnel qualifié capable d’offrir un service répondant aux standards internationaux. Mais pour le président, l’effort en vaut la peine : chaque franc investi dans le tourisme est une contribution directe au développement national.
À travers cet appel, le chef de l’État cherche enfin à renforcer un sentiment de fierté et d’appropriation. Valoriser le tourisme, c’est aussi affirmer une identité gabonaise tournée vers la préservation de l’environnement et la mise en avant d’un patrimoine unique. En faisant des vacances au Gabon un geste patriotique et exemplaire, il espère entraîner une véritable révolution des habitudes et placer le pays sur la carte des destinations incontournables du continent africain.
« Le Gabon, un jardin d’Éden à découvrir »
Le Gabon, surnommé le « dernier Éden » africain, possède un potentiel touristique exceptionnel encore largement sous-exploité. Le pays se distingue par ses paysages variés et sa biodiversité unique, avec 13 parcs nationaux couvrant près de 10 % du territoire, dont certains classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme le parc national de la Lopé. La forêt tropicale humide, qui recouvre 80 % du pays, abrite une faune et une flore rares, tandis que le parc national de Loango offre des éléphants, léopards, gorilles et hippopotames nageurs, ainsi que des plages préservées. Le Gabon dispose également de plus de 800 km de côtes, idéales pour la baignade et les sports nautiques, avec des sites phares comme la Pointe Denis, accessible depuis Libreville.
La richesse culturelle du pays se reflète dans sa diversité ethnique et ses sites historiques, notamment le musée national des Arts, Rites et Traditions. Conscient de ce potentiel, l’État prévoit d’investir 21,6 milliards de FCFA d’ici 2026 pour développer des infrastructures, valoriser les sites touristiques et promouvoir un tourisme durable. Actuellement, le Gabon attire environ 350 000 visiteurs par an et vise 600 000 d’ici 2029. Entre nature, culture et aventure, le Gabon offre ainsi une multitude d’atouts pour devenir une destination phare de l’Afrique centrale.
ADIO BACHIROU